La vie l'a fait se retrouver, deux ans plus tard, dans les stalles sombres d'un herbager de la Dordogne, déstiné à la consommation...
C'est alors, qu'une jeune femme lance un message à travers Internet pour tenter de le sortir de sa situation, lui et tous ses amis.
En ce lundi 18 février j'ouvre ma boite mail sans savoir une seule seconde qu'il contenait ce qui allait changer ma vie. Je lis, je regarde; simple curiosité. Je me rends, pour voir les photos, au lien indiqué.
Que vois je? Une photo très sombre presque toute noire ou l'on voyait les contours d'une tête et des yeux brillants. Grosse et vilaine tête noire penchée vers l'objectif. Deuxième photo, guère mieux... Troisième: idem, toujours cette tête dans l'obscurité, entre les barreaux de bois. Quatrième et dernière photo, de face, on ne voit presque rien, on devine juste les contours d'un poney.
Nullement intéressée, mais toujours avec cette satanée curiosité, j'engage la conversation avec Emeline, la jeune femme. Visiblement très gentille, nous parlons de tous ces chevaux qui ont besoin d'aide et, sans le vouloir, je dévie sur ce foutu poney noir avec cette tête immonde. Je veux revoir les photos mais elles ne s'affichent plus... Je demande à Emeline de me les renvoyer ce qu'elle fit. Non je ne suis pas devenue aveugle, c'est juste que je n'arrive pas a savoir a quoi ressemble ce truc exactement. Mais merde, pourquoi je m'y intéresse tant alors?!! Je le dis a Emeline qui me répond simplement: il ressemble a un mini frison. Ah ouais? Un frison hein? Je n'y crois pas une seconde mais bon. Petit à petit, je parle, je parle et je parle. Ces photos je les détaille pour la énième fois. C'est progressif... Pas comme ces coups de foudre instantanés.
Passons aux détails...
C'est un jeune poney entier, d'a peine deux ans. Jamais manipulé, jamais licolé rien... Autant dire, sacré boulot.
Je suis une fille de 14ans, j'habite à Paris, je n'ai jamais eu de cheval, je n'y connais pas grand chose, du moins pas encore assez. Cela doit faire une bonne grosse année que je ne suis plus montée et je dois dire que ça me manque énormément.
Sans se mentir, je n'ai aucune chance d'avoir ce poney ou n'importe quel autre pour l'instant. Il faut du temps, de l'argent et des connaissances... De plus, ou le mettre? Dans mon appartement parisien? Lui faire un box dans la cour de l'immeuble? Clôturer le bois de Boulogne?
Sans que je ne le veuille (enfin si, peut être que je l'ai voulu en fait, mais je n'y ai pas beaucoup contribué) beaucoup de solutions se sont dévoilées. Déjà une pension convenable, un transport et même la castration chez l'herbager... Reste plus qu'à convaincre les parents et surtout, me convaincre moi même que je ne suis absolument pas en train de faire une connerie monumentale... Et jusqu'a maintenant ce n'est pas encore réussi.
Tout se fait par quelques coups de fil, Emeline, moi, ma mère, la pension, et le transporteur.
J'avais l'impression de jouer au loto, mais alors sur ce coup la, j'ai gagné le gros lot!
Et si ce n'est pas le bon? Et si la pension ne me convient pas? Et si moi même je ne lui convenais pas? Si je n'y arrive pas?
Trop tard... Tout est fait.
Nous somme le 29 mars 2008, il est presque 18h lorsque nous voyons arriver de loin le camion qui transporte mon poney et trois de ses potes. Tous alignés devant le camion encore fermé, on me demande d'aller chercher un licol dans la voiture. Je m'exécute mais je ne pense a rien. Le stresse totalement présent quelques minutes auparavant, s'était dissipé dans l'air frais de ce coin de campagne.
Je reviens donc tête basse avec mon licol... Et lorsque je relève la tête... Je m'arrête nette pour admirer, attaché de profil... Un mini frison. Merde!! Merde de merde je ne peut plus bouger!!
Il faudra quand même y penser un jour! Je m'approche, je monte, je caresse, je respire... C'est doux, ça bouge, ça me fait plaisir.
Descente mouvementée, on me relaye jusqu'au pré difficilement atteint pendant que je m'occupe de Pop, le shetland pie sauvé également et qui restera quelques jours avec moi. Lui, pas de souci... Monsieur Pop se régale et me laisse dévorer des yeux, mon poney fou furieux.
Une fois chacun de son coté de la clôture, on parle. Et ça blablate et ça papote et ça discute...
Bon... On me l'avait bien dit! Y'aura du boulot!!! Sacré caractère Monsieur le Sifflet!!
Mais alors....Qu'est ce qu'il est beau!!!! Qu'est ce qu'il est beau!!!!! Il a trop la classe, il pète le feu, il déchire, il décoiffe, il me tue!!!!! De ma vie, je n'ai jamais vu un poney pareil...
Il est tard, il fait nuit, on reprend la route. Le trajet est silencieux, jusqu'au moment ou je réalise a peut près ce qui s'est passé.
"Tu as vu papa? Comme il est beau mon poney!"









